Numéro 5
La Vierge Marie au pied de la Croix
Le Carême est un chemin vers la mort et la résurrection du Christ. C’est une montée vers Pâques que nous ne parcourons pas seuls. La Bienheureuse Vierge Marie nous accompagne, elle qui a suivi son fils jusqu’au bout, jusque dans l’ombre de la Croix.
Au pied du Calvaire, Marie se tient debout. Elle ne détourne pas le regard. Selon l’expression du cardinal Journet, elle consent dans son cœur à tout ce que vit son Fils. Elle s’unit à son offrande, dans une communion silencieuse et totale. Nous sommes sauvés par les souffrances du Christ (cf. Is 53,5 ; 1 P 2,24), et Marie, s’y associe d’une manière toute particulière.
La blessure annoncée par Syméon transperce son âme (cf. Lc 2,35). Elle offre tout : son fils, ses larmes, son oui, son amour maternel blessé. Tout cela, elle l’offre en union au sacrifice de son fils, pour le salut des hommes.
La Passion du Seigneur est pleinement suffisante pour notre rédemption. Rien ne manque au sacrifice du Christ. Pourtant, dans sa liberté souveraine, Dieu a voulu que des cœurs humains puissent s’y unir.
Saint Paul l’exprime avec audace : « Je trouve maintenant la joie dans les souffrances que j’endure pour vous, et ce qui manque aux épreuves du Christ, je l’achève dans ma chair, en faveur de son corps qui est l’Église » (Col 1,24).
Pour approcher ce mystère, on peut prendre l’image d’un père qui donne tout à son enfant et qui, pourtant, l’invite à contribuer. Non parce que cette contribution serait nécessaire, mais pour lui apprendre à participer, à aimer.
Ainsi Dieu nous invite à unir nos souffrances à celles de son Fils, non parce qu’elles sont nécessaires en elles-mêmes, mais pour nous associer librement, et par amour, à son œuvre de salut.
Marie est la première à le suivre. Son rôle éclaire le nôtre. Elle reçoit tout de lui, et en retour, elle lui offre tout.
Lorsque, en union au sacrifice du Christ, nous offrons nos souffrances au Père, nous prenons une part active à la Passion et participons de l’œuvre de la rédemption. Nous souffrances, douloureuses, sont ainsi transfigurées : Dieu transforme le mal en bien.
Aujourd’hui, par les mains de Marie, j’offre à Jésus mes difficultés et mes peines. Je les unis à son sacrifice, pour le salut des âmes et pour que son amour rejoigne ceux qui en ont le plus besoin.