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Lundi 14 juillet 2025

Au Liban, quand la Vierge «tourne», le monde entier se retourne

14 juillet – Italie : Notre Dame Auxiliatrice des Chrétiens (1723)

Au Liban, les Carmélites cloîtrées de Harissa livrent l’étonnant récit de la maternelle visite que la Vierge Marie leur fit en pleine « guerre de libération », quand des obus tirés par l’armée syrienne, passaient au-dessus de leurs têtes.

C’était le 6 mai 1989. Vers 14h, des tirs nourris de mitraillettes s’entendent à Jounieh, et les moniales, confinées dans leur couvent et n’osant monter sur les terrasses, de penser : C’est un mariage ou un enterrement. Mais vers 16h, le téléphone sonne inopinément. À l’autre bout du fil, la supérieure du Carmel entend une dame lui dire : « Ma mère, vous ne voyez pas que la Vierge est en train de tourner ? », un arabisme voulant dire que la statue de la Vierge de Harissa (1) s’anime et se tourne par moments dans différentes directions.

À la réponse incertaine de la supérieure du monastère, l'espagnole Térésa de Jésus, la femme reprend, avec de l’exaltation dans sa voix : « Oui, oui, ma mère, je vous assure, allez voir, la Vierge est en train de tourner depuis deux heures. Vous n’avez pas entendu les mitraillettes qui l’annonçaient ? ». Mère Térésa ne savait pas, non, qu’au Liban, c’est à la mitraillette qu’on annonce ces choses.

Par pure charité, la supérieure décide d’aller regarder par elle-même et ce jour-là étant le premier samedi du mois, elle propose aux religieuses de s’installer à une fenêtre du monastère d’où la statue de la Vierge est visible, et de réciter le rosaire à l’intention de la paix.

Elles étaient là depuis quelques instants, récitant calmement leur chapelet quand, à leur surprise totale, les moniales voient la statue de la Vierge de Harissa s’animer, se tourner vers elles comme une personne vivante et avancer vers le monastère. La vision resta là, souriante, quelques minutes, avant de les quitter et de rejoindre sa place au sommet de la tour de Harissa.

« C’était une chose qu’on ne peut exprimer, qui flottait, vivante, souriante », devait expliquer au narrateur mère Térésa de Jésus. « Elle était à quelque quatre mètres de la fenêtre. Elle était là. Rien de la pierre. Son voile bougeait. C’était Elle, pas un nuage. Quelque chose de vivant, et ce qui nous a surtout attirées, c’est le sourire qu’elle avait. Et nous chantions. Elle n’a rien dit, mais ce que nous avons ressenti au fond du cœur, c’est : « Ne craignez pas, je suis là ! ».

Oui, évitons les explications inutiles, et sachons une fois pour toutes qu'au Liban, quand la Vierge « tourne », le monde entier se retourne, que son intercession est toute-puissante et qu'elle tient dans ses mains la clé de la paix, pourvu que l'on accède à ses demandes.

www.icibeyrouth.com

(1) La statue, coulée en bronze, vient de France. Elle a 8,5 mètres de haut, 5 mètres de diamètre et pèse 15 tonnes. La Vierge tend ses bras vers Beyrouth.

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