Un saint couple obtient la guérison d’un futur médecin
Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini Beltrame Quattrocchi sont connus pour avoir vécu un mariage profondément chrétien au début du XXe siècle. Après leur mort, un jeune homme souffrant, Gilberto Grossi, est chargé de classer les écrits des époux. Après avoir découvert la spiritualité, convaincu de la sainteté des époux, il décide de s’en remettre à leur protection commune. Dès lors, l’état du malade s’améliore nettement. La commission médicale chargée par le Vatican d’enquêter conclut officiellement, le 21 mai 2001, au caractère scientifiquement inexplicable de cette guérison. De son côté, la commission théologique, en reconnaissant l’intercession commune, souligne que les époux sont unis non seulement dans leur dimension humaine, mais aussi spirituelle.
Les raisons d'y croire
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La maladie de Gilberto Grossi commence vers l’âge de dix ans, avec une colite ulcéreuse particulièrement sévère. Malgré une ablation du côlon à quinze ans, de graves complications osseuses et articulaires surviennent par la suite. Peu à peu, il ne parvient presque plus à marcher et doit souvent rester immobile.
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Les traitements et interventions ne produisent pas d’amélioration durable. En 1994, son état physique et psychologique s’aggrave fortement. Découragé, il pense devoir abandonner ses études de médecine.
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La guérison qu’il vit n’est pas une émotion mystique ou une amélioration subjective. Les témoignages parlent d’une récupération factuelle progressive de ses capacités motrices, au point qu’il peut reprendre normalement ses études et devient chirurgien. Il parviendra même à effectuer des opérations longues et physiquement éprouvantes, qui nécessitent de rester debout durant plusieurs heures, ce qui lui était impossible avant sa guérison.
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Gilberto Grossi demande explicitement l’intercession commune du couple Beltrame Quattrocchi. Cette précision est importante : la guérison n’a pas été attribuée à une invocation vague ou diffuse, mais à une prière précise adressée à ces deux époux.
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Le Vatican ne reconnaît pas un miracle sur la seule base d’un témoignage pieux. Un épais dossier médical a été constitué au sujet de Gilberto : diagnostics hospitaliers, comptes rendus opératoires, examens radiologiques, suivi thérapeutique, attestations des spécialistes qui le suivent depuis des années… Tous ces documents ont été étudiés lors du procès de canonisation afin de vérifier la réalité de la maladie, son caractère grave et l’échec des traitements. Ces archives médicales sont conservées dans le dossier officiel de la cause à la Congrégation pour la cause des saints.
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Lorsque des guérisons durables et reconnues comme inexplicables telles que celle-ci surviennent dans un contexte de prière très précis, il est difficile de réduire la foi à une illusion humaine. On y voit au contraire une relation entre Dieu, les saints et les hommes.
En savoir plus
Cesare Beltrame Quattrocchi entre chez les Bénédictins, puis finalement chez les Trappistes, sous le nom de Padre Paolino. À la recherche d’un assistant pour classer ses papiers familiaux, en vue d’une éventuelle béatification des Quattrocchi, il engage un étudiant en médecine, Gilberto Grossi, atteint d’une grave maladie intestinale qui le handicape, perturbe ses études et l’empêche d’arriver au doctorat, tout comme elle lui interdit de demander la main de la jeune fille qu’il aime.
Bouleversé par l’expérience conjugale et spirituelle des parents de Padre Paolino, Gilberto, après l’échec d’une intervention chirurgicale, a l’idée de les prier tous les deux pour la guérison de sa maladie, incurable et si difficile à vivre.
Quelques jours après, la plupart de ses symptômes s’estompent, puis disparaissent entièrement. Bien que, d’un point de vue médical, Gilberto ne soit pas guéri, puisque les lésions sont toujours visibles, il n’en souffrira jamais plus, se mariera, terminera ses études et deviendra professeur de neurologie.
Ce miracle à quatre mains oblige à béatifier ensemble Maria et Luigi, faisant d’eux le premier couple non martyr à recevoir cet honneur. Luigi et Maria ont donc été béatifiés le 21 octobre 2001 lors du vingtième anniversaire de l’exhortation apostolique « Familiaris consortio » de 1981 et à la suite du synode sur la famille de 1980. Les trois enfants du couple, encore vivants, étaient présents lors de cette cérémonie.
La fête commune de Luigi et Maria a été fixée à la date de leur mariage, le 25 novembre. Évidemment. Ils sont vénérés dans l’église Notre-Dame-du-Divin-Amour, à Rome, où leurs corps reposent dans la crypte.
Solveig Parent
Aller plus loin
Attilio Danese et Giulia Paola Di Nicola, Une auréole pour deux, Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, Éditions de l’Emmanuel, 2004.
En complément
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Antoine de Roeck, Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, itinéraire spirituel d’un couple, Artège, 2021.
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L’article 1 000 raisons de croire : « Les époux Beltrame : tout entre les mains de Dieu ».
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L’homélie du pape Jean-Paul II pour la béatification des serviteurs de dieu Luigi Beltrame Quattrocchi et Maria Corsini, le 21 octobre 2001.
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Sur le site Internet du Collège des Bernardins, l’article « Maria et Luigi Beltrame Quattrocchi : un couple béatifié pour leur amour et leur dévotion ».
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Les deux dossiers de Vatican News sur le couple Beltrame Quattrocchi, disponibles en plusieurs langues : « Bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, père et mère de famille » et « Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi : tisser en Dieu la trame de la sainteté ».