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© Shutterstocl/Sahara Prince
Les apparitions et interventions mariales
1979 à nos jours
Nº 900
Sievernich (Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Allemagne)

Sievernich : enquête sur des apparitions contemporaines

Depuis 1979, la Vierge Marie, l’Enfant Jésus, des anges et divers saints apparaissent à une mère de famille, Manuela Strack, femme modeste et parfaitement équilibrée. Les messages sont recueillis et analysés par les prêtres en charge d’accompagner le phénomène. Ainsi, la Mère de Dieu a demandé par trois fois à Manuela de fonder un groupe de prière : l’Oasis bleue. Celui-ci, à la demande de l’apparition, est placé dès le commencement sous la direction du curé de Sievernich. Depuis plus de trente ans, le climat de paix, la multiplication des fruits en tous genres, la qualité évangélique des messages et la portée prophétique de certains d’entre eux placent les apparitions de Sievernich parmi les manifestations célestes les plus impressionnantes depuis le milieu du XXe siècle.


Les raisons d'y croire

  • La voyante, Manuela Strack, est un modèle de discrétion, d’équilibre et de bon sens. Sa vie spirituelle, avant comme après la première apparition, n’a jamais dévié vers un quelconque sensationnalisme ou un illuminisme pseudo-mystique. Elle reste identique à ce qu’elle a toujours été : une femme humble, mère de famille, ne recherchant aucune publicité ni avantage, et parfaitement obéissante aux autorités ecclésiastiques.

  • La parfaite rigueur doctrinale des messages recueillis lors des apparitions incline fortement à prendre parti en faveur de l’authenticité des faits de Sievernich, puisque la Mère de Dieu n’y demande au fond que la conversion de l’humanité, le rapprochement avec Jésus et l’Église, le retour à un culte eucharistique sincère et permanent, la charité, la lecture de la Bible et la prière.

  • L’apparition mariale de 1979 prouve que Manuela n’est pas le jouet de « projections mentales » préformées à partir de souvenirs de représentations artistiques de la Vierge Marie, car ce qu’elle voit ce jour-là ne ressemble en rien aux figurations habituelles. À l’église de Düren, dans des livres, chez ses parents, etc., se trouvent majoritairement des représentations de Notre-Dame des Pauvres de Banneux. Elle n’a alors que douze ans et n’a aucune prédisposition pour les arts ou la littérature. Elle rapporte cependant un modèle marial inédit, avec un aspect physique extrêmement précis (carnation, traits du visage, tenue vestimentaire, cheveux, sentiments, etc.).

  • En 1996, Manuela se résout à avouer à son mari la première apparition de Marie. Celui-ci, croyant mais très méfiant à l’égard du merveilleux, se montre dubitatif. Mais, quelques jours après, des anges lui apparaissent. Depuis lors, il accompagne et soutient chaque jour son épouse dans son aventure spirituelle.

  • Notre-Dame a révélé à Manuela que durant la dernière guerre, il y avait déjà eu des apparitions à Sievernich, mais qu’elles avaient été tenues cachées à cause des nazis. Le curé de l’époque, le père Alexander Henrich Alef, qui avait parlé contre le régime nazi, fut déporté en camp de concentration, où il mourut. La région se souvient encore de sa dévotion mariale exceptionnelle.

  • Diverses manifestations extraordinaires accompagnent de temps en temps ces apparitions et sont largement perceptibles : paroles de connaissance, parfums célestes, guérisons, conversions radicales…

  • Parmi les saints qui sont apparus à Manuela, nombreux sont ceux qui étaient totalement inconnus d’elle jusqu’au jour de leur manifestation à Sievernich. À la limite, on pourrait dire qu’effectivement, elle avait pu entendre parler de saintes et de saints contemporains, « médiatiques », comme sœur Faustine ou saint Padre Pio… Mais il est inconcevable qu’elle ait imaginé l’apparition de saint Robert Bellarmin, de sainte Mariam d’Abellin, de saint Charbel Makhlouf, de saint Josaphat ou de saint Dominique Savio, qui ne sont ni médiatisés ni même connus dans sa région à son époque.

  • Manuela voit certains fidèles décédés non béatifiés, comme le pape Pie XII, qui, selon son témoignage, l’accompagne « d’une manière plus particulière ». Il ne s’agit ni d’un revenant ni d’une illusion d’optique, mais d’une grâce exceptionnelle accordée par Dieu à une femme ici-bas, non pour satisfaire une quelconque curiosité, mais pour soutenir un projet d’Église. Ces visions trouvent leur fondement dans la théologie de la communion des saints.

  • Des messages ont une coloration prophétique que les seules capacités naturelles de Manuela et de son entourage n’auraient absolument pas pu concevoir, notamment des avertissements contre certaines dérives de la théologie contemporaine, à propos desquelles Manuela ne savait pas le moindre mot. Elle a aussi transmis une description symbolique de l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019, et une référence à un conflit armé impliquant les États-Unis, la Russie et l’Ukraine (message du 25 avril 2021).

  • Manuela et son époux n’ont jamais accepté le moindre argent, d’où qu’il vienne, car ils se sentent l’un comme l’autre de simples instruments entre les mains de Dieu. On peut dire que cette famille vit normalement.


En savoir plus

Née le 13 avril 1967 dans une famille chrétienne pratiquante de Düren (Allemagne), Manuela Strack, est une enfant heureuse, calme et parfaitement équilibrée. Croyants, ses parents l’inscrivent au catéchisme paroissial, où elle aime bien se rendre. Cet enseignement élémentaire restera sa seule formation religieuse. Parvenue à l’adolescence, elle mène une vie chrétienne bien remplie, sans mysticisme de mauvais aloi ni trop d’interrogations. À cette époque, comme ses amies, elle sort, fait du sport (de l’équitation) et mène une scolarité moyenne mais sérieuse.

En 1979 – elle alors douze ans – un événement change le cours de sa vie, mais elle n’en parlera que bien plus tard à son entourage. Un jour, elle accompagne ses parents au sanctuaire Notre-Dame de Banneux (Belgique), où il leur arrive de se rendre. Manuela préfère rester à l’extérieur de l’église plutôt que de suivre les siens à la messe. Ses parents lui donnent leur accord et lui demandent de les attendre sur l’un des côtés de la chapelle du sanctuaire, où sont généralement placés les malades. Elle s’assoit, sort négligemment de la nourriture apportée dans un sac et commence à manger, lorsqu’elle voit distinctement, croit-elle alors, une « statue de la Vierge, toute blanche, sur un nuage ». L’apparition est si belle que, pendant de longues minutes, Manuela ne peut détacher son regard. Elle expliquera que l’aspect de sa vision était très différent des représentations peintes ou sculptées de Notre-Dame des Pauvres à Banneux. C’est la première fois de sa vie que la jeune fille voit un tel phénomène.

Manuela se marie le 28 août 1993, puis donne le jour à un garçon le 28 novembre 1996. Cette année-là, la Mère de Dieu lui apparaît une première fois dans le petit jardin, à l’arrière de sa maison. Le phénomène est assez bref, « quelques minutes » seulement, se souviendra la voyante.

Mariée, mère de famille, Manuela est une jeune femme très à l’aise dans son milieu, et l’annonce de l’apparition soulève des interrogations. Mais chacun constate que Manuela garde une humeur égale, qu’elle exprime une joie communicative et qu’elle ne néglige en rien ses devoirs matrimoniaux et profanes, bien au contraire ! Malgré la crainte qu’elle éprouve tout d’abord d’avouer ce cadeau du Ciel, elle se résout à tout raconter à son mari, croyant mais pragmatique, et un brin rationnel. Quelques jours plus tard, celui-ci est à son tour gratifié d’une vision d’anges. Plus aucun doute ne subsiste.

Le 8 juin 2000, tandis que Manuela prie chez elle devant une image de Notre-Dame d’Einsiedeln, la Vierge, d’une « voix claire, nette et chaleureuse », l’invite à former un groupe de prière sous la conduite d’un prêtre : « Chers enfants, je vous salue […] au nom de mon divin Fils Jésus-Christ. Lui vous aime, vous accorde le salut et vous donne sa bénédiction. C’est en son nom que je viens vers vous. Chers enfants, réunissez-vous pour prier. J’ai appelé chacun de vous ! Appelez vos frères au nom de mon divin Fils. Devenez des perles vivantes de mon Rosaire ! C’est mon vœu le plus cher [...]. Chaque petite perle est importante et, liées ensemble, elles constituent une prière efficace [...]. C’est à vous qu’il incombe de décider de donner suite à mon appel. Mon divin Fils veut une décision libre de votre part. C’est par amour que vous devez vous décider pour lui. Deviendrez-vous pour moi un Rosaire vivant ? Je suis Marie, l’Immaculée. »

Le 3 juillet suivant, alors que Manuela ne s’est pas encore résolue à réunir ce groupe de prière, la Vierge intervient une seconde fois auprès d’elle, puis une troisième fois, toujours à la maison, le 25 juillet. L’apparition lui précise que ce groupe devra se réunir périodiquement dans une église où se trouve une statue de Notre-Dame de Fatima : ce sera là un signe.

Or, dans l’église de la paroisse de la voyante, il n’y a aucune statue de la Vierge de Fatima. Peu après, Manuela rencontre une amie, à qui elle parle du désir de Marie. Cette femme lui dit alors connaître un prêtre, curé de la paroisse de Sievernich, dont l’église conserve une statue de Notre-Dame de Fatima. Ignorant les lieux, l’amie emmène Manuela sur place. Elle voit aussitôt la petite chapelle dédiée à Notre-Dame de Fatima sur la partie gauche de l’édifice. Bien au-delà des espérances de Manuela, la rencontre avec le curé de Sievernich se passe merveilleusement.

Le 7 août 2000, le nouveau groupe de prière, baptisé « Oasis bleue », alors constitué d’une petite dizaine de personnes, se rassemble pour la première fois dans l’église de Sievernich. Tandis que l’on prie, la Vierge Marie apparaît à Manuela sur le côté gauche de l’autel, vêtue de blanc, portant sur la poitrine « un cœur rouge entouré d’une couronne d’épines ». Derrière elle, la voyante distingue une « grande lumière ovale » magnifique. Marie s’approche d’elle, se penche et lui dit : « Je vous salue et vous bénis, mes enfants. Je suis Marie, l’Immaculée [...], la Mère de Dieu. Je viens à vous sur ordre de mon divin Fils. Ressentez-vous ma présence proche de vous ? Je me réjouis que vous fassiez partie de l’Oasis bleue. Mes perles de Rosaire, moi aussi je suis toute présente en elles. »

Puis l’apparition ajoute : « Maintenant, vous êtes encore peu nombreux. Et pourtant mon écho résonne dans le monde. Bientôt, mes enfants, vous deviendrez de nombreux Rosaires. Vous rayonnez parce que je suis en vous, vous les roses de mon Rosaire. Ayez de la compassion et priez pour mes enfants, particulièrement pour ceux qui ne trouvent pas le chemin qui conduit à mon Fils. Soyez compatissants envers eux, comme mon Fils l’a fait. Ma venue est uniquement en vue de l’Église. Je réunis au nom de mon divin Fils ce qui est brisé et qui gît au sol. Chers enfants, l’écho de ma voix descend jusqu’à vous. ll résonne en vous, dans vos âmes. Je vous berce dans mon Cœur immaculé [...]. La Mère précède le Fils de Dieu. La chute de la foi domine le monde. C’est pourquoi, mes enfants, je rassemble les miens et les appelle tous les jours. Ouvrez vos cœurs et mon Cœur sera également ouvert pour vous. »

C’est le début d’une série d’apparitions dans l’église paroissiale de Sievernich, qui se poursuivent à l’heure où nous écrivons. Au fil des apparitions, la Vierge ne cesse d’insister sur l’obéissance inconditionnelle qui doit être celle de Manuela, comme de tous les fidèles, à l’égard de l’Église. C’est pour cela que le groupe de prière de Manuela devait être placé sous la responsabilité d’un prêtre dès le commencement. Aucune de ses apparitions n’est close sur elle-même. Elles portent toutes un enseignement et une recommandation : vivre du sacrement de l’Eucharistie et avoir une dévotion toujours plus grande au Précieux Sang de Jésus.

Le 12 février 2004, le cardinal Josef Ratzinger (futur pape Benoît XVI), alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accordé une audience privée à Manuela à Campo Santo Teutonico,à Rome.

Patrick Sbalchiero, membre de l’Observatoire international des apparitions et des phénomènes mystiques.


Au delà

Paix et unité : telles sont les deux qualités premières qui caractérisent les apparitions mariales de Sievernich. Paix dans les messages de Marie, dans les relations entre la voyante et le clergé comme entre les laïcs et l’évêché de Düren : il règne dans cette paroisse depuis plus de trente ans une paix profonde qui frappe les visiteurs. Unité : du groupe de prière, des paroissiens, des prêtres diocésains du corps ecclésial tout entier. Il est pour le moins difficile de ne pas voir une intervention surnaturelle dans tous ces fruits – et dans les phénomènes extraordinaires présentés ci-dessus et dont ont témoigné des centaines de personnes.


Aller plus loin

Martin Müller, Ich bin Maria, die Makellose : die Botschaften von Sievernich, Fe-Medienverl, 2003.


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