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Miracles eucharistiques
Ludbreg (comté de Varazdin, Croatie)
Nº 901
1411

Le vin changé en sang à Ludbreg

Des années après les faits, sur son lit de mort, un prêtre de Ludbreg (Croatie) révèle un secret qu’il a gardé toute sa vie. En 1411, alors qu’il doutait de la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie, et qu’il célèbre une messe, il voit, au moment de la consécration, en élevant le calice, le vin se transformer en un liquide semblable à du sang. Ce jour-là, il se trouve dans la chapelle, en présence d’un jeune servant de messe. Troublé et effrayé par ce qu’implique le fait de témoigner, il préfère faire murer le calice derrière l’autel et garder le silence. Après sa confession, la relique est retrouvée à l’endroit indiqué. Le calice est envoyé à Rome, où une enquête est ouverte en 1500. Le 14 avril 1513, le pape Léon X autorise la vénération publique du calice, qui est ensuite rapporté à Ludbreg.


Les raisons d'y croire

  • Pour de multiples raisons, l’hypothèse selon laquelle le prêtre aurait tout inventé n’est pas convaincante : l’ecclésiastique, qui jouit d’une excellente réputation, n’a jamais influencé ou contraint quiconque à croire au miracle. Contrairement à quelqu’un recherchant renommée et argent, il refuse jusqu’à son dernier jour de divulguer l’affaire. Au seuil de la mort, quel intérêt d’inventer pareille histoire ? Décédé, il ne pourra plus influencer la décision du Saint-Siège de valider l’authenticité du prodige.

  • De nombreuses guérisons miraculeuses, qui se sont produites dans la chapelle après 1411 – donc en présence du calice dissimulé –, ont été authentifiées sur la base des témoignages reçus sous serment pendant l’enquête. Le prêtre n’a pas pu être à l’origine de cette série de guérisons inexpliquées ; elles ne laissent aucun doute quant à l’origine surnaturelle des faits.

  • L’examen du calice, l’analyse des faits et le temps du discernement représentent plusieurs années d’intenses investigations : pas moins de treize ans se sont écoulés entre la création de la commission d’enquête et la promulgation du décret par le pape Léon X autorisant la vénération du calice par les fidèles.

  • Il faut aussi souligner que l’enquête n’a pas été menée seulement localement, en Croatie, mais par l’ensemble des cardinaux réunis autour du souverain pontife. Cela permet d’écarter une éventuelle complicité du propriétaire du château ou de l’évêque diocésain. Les membres de la commission ont prié longuement en présence du calice.

  • La relique du sang est conservée parfaitement saine, intacte, dans un ostensoir. Aujourd’hui encore elle est exposée à la vénération et portée en procession chaque année en mémoire du miracle.

  • Au-delà de l’aspect phénoménal de ce prodige, d’innombrables fruits ont été consignés à partir de 1411 dans la région de Ludbreg, puis dans toute la Croatie : conversions, vocations, guérisons psychologiques et physiques, etc. Depuis le XVIe siècle, la chapelle du château, dédiée à la Sainte-Croix, n’a cessé d’être un lieu vénéré, attirant des milliers de pèlerins. Les fruits spirituels et humains consécutifs à l’événement du calice témoignent de l’action de l’Esprit Saint autour du calice de Ludbreg.

  • C’est la raison pour laquelle l’Église catholique, après enquête, a continuellement encouragé la dévotion autour du calice de Ludbreg jusqu’à autoriser, par décret pontifical, la dévotion publique : une démarche fort rare, surtout en matière de prodige eucharistique.


En savoir plus

En 1411, un prêtre, chargé de dire la messe dans la chapelle privée du château de Ludbreg, en Croatie, se met à douter fortement de la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. « Se peut-il que chaque jour, aux quatre coins de la chrétienté, du vin devienne le sang du Christ ? », s’interroge-t-il. Ce jour-là, il est seul dans la chapelle, aidé seulement d’un jeune servant de messe.

Après la consécration, à l’instant où il s’empare du calice pour l’élévation, il pousse un cri de surprise : le vin s’est transformé en un liquide rougeâtre, semblable à du sang. Mais le prêtre préfère taire ce prodige ; il demande à un ami maçon de murer le calice derrière l’autel de la chapelle. Il avouera le fait seulement sur son lit de mort. Le calice est retrouvé sur ses indications.

Informé, le Saint-Siège fait venir le calice à Rome. En 1500, une commission d’enquête est mise sur pied. Maintes personnes témoignent sous serment de leur guérison inexpliquée dans la chapelle, et ce après 1411 – donc en présence du calice derrière le mur. Le 14 avril 1513, le pape Léon X autorise par décret la vénération publique du calice, qui retourne à Ludbreg quelques années après. Preuve de l’attachement absolu du Saint-Siège à ce miracle, le pape Léon X lui-même traverse Rome en 1513 à la tête d’une procession, tenant dans les bras la relique eucharistique de Ludbreg.

En juin 2011, le pape Benoît XVI, en célébrant la messe à Zagreb à l’occasion de la journée nationale des familles catholiques, fait référence à ce « miracle eucharistique ». Au mois d’août suivant, dans une lettre diffusée par le service de presse du Saint-Siège, il nomme le cardinal Jozef Tomko, préfet émérite de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, envoyé spécial aux célébrations de l’année jubilaire du sixième centenaire du « miracle eucharistique de Ludbreg ».

En 1992, la paroisse de Ludbreg obtient un terrain d’une superficie de cinq acres pour la construction d’une nouvelle chapelle, dont la première pierre est posée le 4 septembre 1993, un an jour pour jour après que la chapelle a été consacrée par le cardinal Franjo Kuharic.

Patrick Sbalchiero, membre de l’Observatoire international des apparitions et des phénomènes mystiques.


Au delà

En 2005, Marijan Jakubin y a peint une fresque de la Cène, sur laquelle figurent des saints et des bienheureux croates. Dans cette œuvre, le Christ tient dans ses mains l’ostensoir contenant la relique du miracle de 1411. En 1721, la relique eucharistique a été déposée dans un bel ostensoir serti de pierres précieuses réalisé par un orfèvre d’Augsbourg. En 1753, la famille Batthyany a fait peindre dans leur chapelle du château de Ludbreg un cycle de fresques représentant le prodige.


Aller plus loin

Le miracle de Ludberg fait partie de l’exposition de Carlo Acutis.


En complément

  • Renzo Allegri, Le Corps du Christ. Histoire des miracles eucharistiques, Mediaspaul, 2006.

  • Père Eugène Couet, Nouveau recueil de miracles eucharistiques, Éditions D.F.T., 1910.

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