Des milliers de témoins : la Vierge Marie aperçue à Shoubra
Dans la nuit du 24 au 25 mars 1986, la Vierge Marie apparaît au-dessus de la petite église copte orthodoxe Sainte-Damienne, au lieu-dit Ard Baba Dublu, à Shoubra, quartier populaire du nord du Caire, puis à l’intérieur de l’édifice. Vêtue de blanc et de bleu, penchée en avant, les bras tendus vers les fidèles, elle est environnée de « colombes » lumineuses et de « langues de feu ». Un parfum d’encens est perçu par la foule. Le 20 juin, elle apparaît avec l’Enfant Jésus. Alerté, le patriarche copte Shenouda III nomme une commission d’enquête composée de quatre évêques, deux prêtres et un laïc, dont les conclusions s’avèrent très favorables. L’église, rénovée, est devenue aujourd’hui un lieu de pèlerinage fréquenté.
Les raisons d'y croire
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Les deux prêtres de la paroisse, Abd-el Messîh el-Sherbînî et Samuel Yonan, sont des hommes pieux, cultivés et intègres. Il est inconcevable que ces derniers, témoins oculaires des apparitions, aient participé, de près ou de loin, à une supercherie : aimés et appréciés de leurs paroissiens et de leur hiérarchie, admis par les responsables musulmans, on ne voit pas quel aurait été leur intérêt dans cette histoire, et, moins encore, qui auraient été leurs complices et de quels moyens techniques ils auraient disposé.
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Il ne s’agit ni d’une supercherie ni d’une illusion d’optique. Lors de la première apparition, plus de 3 000 personnes voient la Mère de Dieu pendant trois heures d’affilée, comme une personne bien vivante, en trois dimensions. L’enquête a établi qu’il ne s’agissait pas d’une image « projetée » par un support technique (de type cinématographique, par exemple). D’autre part, il est strictement impossible que la foule ait été unanimement le jouet d’une illusion pendant un tel laps de temps.
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La première apparition est d’abord aperçue par les habitants des maisons qui surplombent les tours de l’église, et non par les fidèles de celle-ci. La lumière environnant la Vierge brille jusqu’à l’intérieur des logements, ce qui est inexplicable d’un point de vue physique et qui élimine d’emblée toute hypothèse de supercherie : aucun dispositif technique humain ni aucun phénomène naturel n’aboutit à une telle diffraction d’une source lumineuse.
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Plusieurs guérisons miraculeuses sont authentifiées ; elles concernent des adultes et des enfants, de fervents croyants, mais aussi des femmes et des hommes éloignés de la religion. Des certificats médicaux sont établis par des praticiens chrétiens et musulmans.
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Un miracle retient l’attention : celui de Theresa Soliman Youssef (six ans), qui a perdu la vue de l’œil droit après qu’une aiguille l’a transpercé le 17 novembre 1984. Le 5 décembre suivant, l’enfant a été opéré, mais l’état de l’œil s’est en fait aggravé en raison d’une infection purulente. Le dimanche 18 mai 1986, sa mère l’amène à l’église Sainte-Damienne, où toutes les deux voient une lumière puissante jaillir du côté droit de l’autel. Theresa lève la main vers la source de lumière, puis essuie de la paume son œil malade et crie soudain : « Je vois, Maman ! » Le docteur Fayez Akhnoukh examine la fillette, teste son acuité visuelle et conclut que la science est dépassée devant ce cas.
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Les membres de la commission d’enquête décidée par Shenouda III sont toutes des personnes averties, parfaitement informées quant aux phénomènes mystiques extraordinaires. Les quatre évêques et les deux prêtres, théologiens de haut niveau, ne sont ni crédules ni influençables.
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Le vendredi 11 avril 1986, les membres de la commission d’enquête se rendent dans l’église de Shoubra, où ils voient eux aussi la Vierge Marie « entourée d’un halo de lumière », sans erreur possible, de 3 h 40 à 5 h du matin.
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Le rapport d’enquête, présenté lors d’un synode des évêques coptes orthodoxes, présidé par le patriarche Shenouda III, est alors très largement approuvé par ces dignitaires ecclésiastiques.
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Les caractéristiques matérielles de l’apparition correspondent peu ou prou à celles des apparitions reconnues depuis le début du XIXe siècle dans le monde catholique : d’un aspect identique à celui de Notre Dame de la rue du Bac (1830), la Vierge de Shoubra ne présente pas de distinction vestimentaire ou physique. Elle n’invite pas les fidèles à une forme de prière qui serait inconnue ou erronée sur le plan doctrinal.
En savoir plus
Dans la nuit du 24 au 25 mars 1986, la Vierge Marie apparaît au-dessus du dôme gauche de la petite église copte orthodoxe Sainte-Damienne, au lieu-dit Ard Baba Dublu, à Shoubra, quartier populaire du nord du Caire, puis à l’intérieur de l’édifice. Son apparence est semblable à celle de Notre Dame de la rue du Bac (1830) : vêtue de blanc et de bleu, penchée en avant, les bras tendus vers les fidèles, elle est environnée d’un magnifique halo lumineux, de « colombes » et de « langues de feu ». Un parfum d’encens est perçu par la foule.
L’apparition est d’abord aperçue par les habitants des maisons qui surplombent les dômes de l’église, car la lumière qu’elle diffuse brille à l’intérieur de leurs logements. Cette apparition se répète plusieurs fois, tandis que la nouvelle se répand. Des personnes de toutes confessions et religions viennent la voir. Les ruelles très étroites qui entourent l’église sont investies par des milliers de fidèles qui se rassemblent pour des veillées nocturnes, priant et chantant des doxologies, des liturgies et des hymnes à la Mère de la Vraie Lumière, pendant des nuits entières.
Au total, la première apparition a duré plus de trois heures, de 1 h à 4 h du matin. Elle a rassemblé des centaines puis, très vite, des milliers de personnes.
Le 10 avril 1986, à quatre heures du matin, une « flamme de lumière » se propage depuis la tour ouest de l’église, avant d’y revenir. La flamme est comme « ondulée », composée de langues de feu « entrelacées », variant de l’orange au blanc vif.
Le 20 juin 1986, alors qu’une messe est célébrée par le père Dawoud Tadros, de la paroisse de la Vierge, à Rod el-Farag, Notre Dame apparaît avec l’Enfant Jésus dans ses bras.
Certains témoins affirment que la première apparition de Marie a été précédée de celle de sainte Damienne, vierge martyrisée sous l’empereur Dioclétien avec quarante autres chrétiennes ; elle portait dans ses mains une branche de palmier, comme sur les icônes et les statues.
Divers phénomènes lumineux sont décrits par les témoins : des phrases en lettres coptes sont clairement aperçues et une lumière mystérieuse éclaire l’autel de l’église, puis se met à tournoyer trois fois autour du bâtiment, au-dessus de la foule.
Notre Dame apparaît plusieurs fois près de cet autel, à 10 h 30 du matin le samedi 12 juillet 1986, ainsi que le lundi 28 juillet suivant.
Des guérisons miraculeuses sont authentifiées, tant par des médecins chrétiens que musulmans. Adultes, femmes, hommes, personnes âgées et enfants sont concernés.
Alerté, le patriarche copte Shenouda III nomme le 9 avril 1986 une commission d’enquête. La déclaration officielle de ses membres dit en substance : « Après avoir examiné ces phénomènes avec Sa Sainteté [Shenouda III], la commission déclare que ces apparitions sont une bénédiction pour l’Égypte et pour l’Église. » Le vendredi 11 avril 1986, ils se rendent dans l’église de Shoubra, où ils voient la Vierge Marie « entourée d’un halo de lumière », sans erreur ni discussion possible, de 3 h 40 à 5 h du matin.
Patrick Sbalchiero, membre de l’Observatoire international des apparitions et des phénomènes mystiques.
Au delà
Dans toute apparition d’un être céleste, il convient en premier lieu de distinguer le phénomène observable en tant que tel (lumière, aspects vestimentaires de la Vierge Marie, durée et localisation de l’apparition, etc.) du sens spirituel de la manifestation : c’est ce dernier qui, évidemment, est essentiel. Or, à Shoubra, outre les guérisons miraculeuses consignées et authentifiées, les fruits spirituels et humains ont été nombreux et divers : vocations religieuses et sacerdotales, mariages, retours à la pratique sacramentelle, etc. On a noté aussi quelques conversions au christianisme (difficilement mesurables du fait du climat de tension entre les communautés du Caire).
Aller plus loin
Christian Cannuyer, « SHOUBRA », dans René Laurentin et Patrick Sbalchiero, Dictionnaire encyclopédique des « apparitions » de la Vierge Marie, Paris, Fayard, 2012.
En complément
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L’article de l’Encyclopédie mariale : « 1986 : Le Caire (Shoubra) ».
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Otto F.A. Meinardus, « The Apparition of the Holy Virgin in 1986 », Ostkirchliche Studien, 4, 1986.
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Otto F.A. Meinardus, Coptic Saints and Pilgrimages, Le Caire, 2002.
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L’article de La Vie : « Des foules convaincues de voir la Vierge Marie ».
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La page Internet en anglais : « The Apparitions of the Blessed Holy Virgin Mary in the Church of Saint Demiana the Martyr, in Papadouplo, Shoubra, Cairo, Egypt (1986-1991) ».