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Mardi 7 juillet 2026

Une lutte contre la mort avec l'Ave Maria (I)

7 juillet – 1952 : Pie XII consacre la Russie au Cœur immaculé de Marie

C'était en 1958, nous habitions un faubourg ouvrier où régnait la misère : les fins de quinzaine étaient dures. Or, dans cette soirée du 12 juillet, la tristesse survint dans mon foyer. J'avais couché mes deux fillettes : Jeannine, 28 mois dormait. Suzy, 17 mois malgré l'heure tardive, ne s'endormit pas. Elle était agitée... Soudain, ce fut le drame. Ma toute petite fut frappée de convulsions. Son petit corps entièrement disloqué devint méconnaissable, raidi. Que faire ?...

Le docteur appelé, vit, aussitôt, la gravité du cas et passa toute la nuit avec nous, essayant, sans succès, toutes les ressources de la science. Je pensais à prier la Sainte Vierge, mais n'osais pas. Je l'avais tant blasphémée ! ... car, je faisais partie d'une secte qui interdisait de l'honorer, défendait de faire le signe de la croix et d'entrer dans une église catholique. Pourtant, j'avais été un an dans une école paroissiale où j'avais appris quelques éléments de religion. Mais, peu éclairée, je me demandais où était la vérité. Je m'adressais à Dieu : « Toi qui a fait le ciel et la terre, je ne connais qu'une prière pour ceux qui vont mourir. C'est le " Je vous salue, Marie ". Ai-je tort de prier Celle que les Catholiques appellent la Vierge ? Prends pitié,Seigneur !… »

Et je commençais à dire, d'abord intérieurement, puis à mi-voix, sans arrêt, des « Je vous salue, Marie » ; ma désolation était extrême. Mon enfant déposée sur la table, rigide dans l'immobilité, me donnait l'impression d'être « clouée ». Alors, mon esprit se porta au crucifix et je pensais : « clouée comme Jésus sur la croix » J'étais dans un tel état d'angoisse que je ne pouvais articuler un son, sinon des « Ave » !

C'est alors, qu'en esprit, je suivis le chemin de la croix (qui m'avait frappée au catéchisme). Je voyais Jésus flagellé, frappé, tombant sur le chemin rocailleux. Ma pensée était si concentrée qu'il me semblait entendre une femme pleurer ; et je me disais : qui peut sangloter ainsi, sinon une mère qui voit mourir son enfant. Et, revivant en pensée la scène du Calvaire, je compris la douleur de Marie, crucifiée avec son Fils, mais acceptant de le donner pour le salut du monde. Moi, je n'aurais pas donné mon enfant pour sauver une seule vie. Je compris que Marie pleurait pour moi, pour ma petite, pour nous tous et qu'elle intercédait avec la force de ses larmes. Alors, j'oubliai ma propre souffrance pour dire à Jésus : « Seigneur, prends pitié de ta mère. »

L'Appel du Cœur Douloureux et Immaculé, n°60

Cité dans le Recueil Marial N° 11, 1979

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