Mardi 17 février 2026
Les Crucifiés de Nagasaki
17 mars – Japon : Nagasaki, Vierge des Français – Roumanie : Notre Dame de Blaj
Lors de la persécution des Chrétiens, au Japon, en 1595, vingt-cinq d'entre eux furent crucifiés. Leur mort héroïque entraîna d'innombrables conversions de sorte que, en 1613, l’Église nippone comptait 300.000 fidèles. L'année suivante, la persécution reprend, implacable. En 1639, c'est l'édit de clôture du pays lequel reste fermé au monde extérieur pendant plus de deux cents ans.
En 1865, deux missionnaires français peuvent construire une église à Nagasaki, église destinée aux étrangers. Mais il leur est interdit de prêcher la foi chrétienne. Un matin, le 17 mars 1865, l'un des deux prêtres aperçoit devant l'église encore fermée, un groupe de Japonais qui semble vouloir entrer. Le Père leur ouvre la porte et va s'agenouiller devant l'autel. Une vieille femme, la main sur le cœur, se penche vers lui et murmure :
- Notre cœur est semblable au vôtre.
- Comment cela ? fait le Père. D'où êtes-vous ?
- Nous sommes d'Ourakami. Et là, presque tous ont le même cœur que nous. Et la femme ajoute : - Où est l'image de santa Maria ? Il la montre du doigt. Alors tout le groupe se précipite.
- C'est elle ! C'est bien elle ! Regardez : elle porte dans ses bras Sama Yesus, le Seigneur Jésus.
Plus de doute pour le Père : ce sont des descendants des « Vieux chrétiens ». Eux-mêmes expliquent qu'ils sont baptisés, qu'ils prient la Vierge et que le vingt-cinquième jour des gelées blanches ils ont fêté la naissance de Jésus.
A leur tour ils questionnent le Père :
- Reconnaissez-vous le grand Souverain du royaume de Dieu ?
- C'est le pape Pie IX lui-même qui m'a envoyé.
- Avez-vous des enfants ?
- Vous êtes les seuls enfants que Dieu m'ait donnés, car les prêtres ne se marient pas.
- Dieu soit loué ! Il est vierge. C'est vraiment un prêtre.
Nos pères nous ont appris ce qu'ils tenaient de leurs pères : vous reconnaîtrez les ministres du vrai Dieu au signe des quatre blancheurs : celle de l'Eucharistie et de la Vierge, celle du pape blanc de Rome et celle du célibat des prêtres.
Ainsi s'acheva cet épisode de l'Histoire de l’Église. Coupés de l'extérieur pendant deux siècles, sans prêtres, sans églises, traqués par la police, ces Japonais ont su entretenir la flamme sacrée. Leurs communautés clandestines avaient un chef de la prière, un baptiseur, des catéchistes... Pour dépister les espions, ils vénéraient la Vierge sous les traits de Kannon, déesse bouddhique de la miséricorde...
(d'après le Bulletin Dimanche, juillet 1975. 59460, Jeumont) Recueil marial 1977