Dimanche 9 août 2026
À Lourdes, on entre tout de suite dans l’essentiel (I)
9 août – Sainte Bénédicte de la Croix (Edith Stein) – Italie : Notre Dame de la Paroisse (1829)
Mgr Rémy Berchier, citoyen suisse, a conduit le pèlerinage interdiocésain romand de printemps à Lourdes pendant un quart de siècle. Pour la dernière fois, il a ouvert la marche le 17 mai 2026 et l’a conduite jusqu’au 23 mai. Confidences d'un homme qui a appris, dit-il, à aimer Marie et à lâcher prise. Extraits de ses confidences au site suisse cath.ch :
Q. : Votre regard a-t-il changé en 25 ans ?
Mgr Berchier : Énormément. J'ai appris à aimer Marie, à mieux la comprendre, à mieux la placer dans l’histoire du Salut. On va à Jésus par Marie. Et je lui fais une confiance immense. Les chapelains du Sanctuaire nous ont toujours aidés à comprendre le message de Marie à Bernadette à Lourdes avec un enracinement biblique. Lorsque j’entends les mots « pénitence, pénitence, priez pour les pécheurs ! » prononcés par la Dame lors de la 8e apparition, le 24 février 1858, je les comprends en termes de « réconciliation, de pardon, de chemin intérieur ». Il m’a fallu lire, méditer, grandir intérieurement pour vivre ces paroles si fortes et toutes les autres. Quand on découvre que, lors de la première apparition, le 11 février 1858, Bernadette n'arrive pas à faire le signe de la croix et que c'est Marie qui le refait avec elle, on comprend… Marie vient nous rappeler notre baptême, ce don de Dieu et cet engagement qui change la vie.
Q. : Quel souvenir gardez-vous de votre toute première fois à Lourdes ?
J'y étais allé jeune, au pèlerinage de juillet, inscrit par une tante de Genève. Cela m'avait impressionné. Mais j'avais aussi des préjugés. J’étais dérangé par l'aspect mercantile, avec tous ces magasins que l’on devait traverser pour rejoindre le sanctuaire. À l'époque, celui-ci était moins bien aménagé. Il n'y avait pas ces beaux espaces arborisés et ce silence devant la grotte et derrière le Gave. Et puis, j’étais dubitatif, croyant qu’à Lourdes on mettait la Vierge trop au centre, comme si on la déifiait. Je devais la découvrir, mieux la connaître ! Mettant toujours Jésus au centre, au cœur de la foi, j’ai mieux découvert combien Marie nous mène à son Fils, et aussi et surtout, à Lourdes !
Q. : Comment êtes-vous passé de ces préjugés à l’attachement profond à Marie ?
Durant notre formation au séminaire, le pèlerinage offrait deux places à deux séminaristes pour faire l'expérience de Lourdes comme responsables d'hôtel. C'est tombé sur moi. Et dès le premier matin, un monsieur me réveillait à 5 heures. Son épouse venait de mourir à côté de lui. Je suis ainsi vite entré dans la réalité d’un pèlerinage. C'est là que mes préjugés ont commencé à tomber. À Lourdes, on entre tout de suite dans l’essentiel. La vie, la mort et cet amour qui se déploient dans le cœur des plus fragiles.