Samedi 28 mars 2026
La Vierge Marie et l’institution de l’eucharistie à la Cène
Le Vénérable Jean-Jacques Olier, mystique et prêtre français, (1608- 1657), est l'une des grandes figures de l'École française de spiritualité au côté de Pierre de Bérulle, saint Vincent de Paul ou saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Dans son ouvrage intitulé Vie intérieure de la très sainte Vierge, il met en lumière la façon dont la Vierge Marie a été présente lors de l’institution de l’eucharistie par Jésus, que nous commémorons le Jeudi Saint.
« La très-sainte Vierge ne fut point présente à l'institution de l'Eucharistie, quoiqu'elle eût été donnée à Notre-Seigneur pour l'accompagner dans toutes les circonstances de son sacrifice et y tenir la place de l'Église. Possédant la grâce invisible des apôtres et des prêtres, comprise éminemment dans la plénitude de tous les dons que le Saint-Esprit avait versés en elle, Marie n'avait point à recevoir, comme les apôtres, le pouvoir d'offrir Jésus-Christ extérieurement sous les espèces du pain et du vin : pouvoir qui est réservé aux hommes seuls. L'hostie de ce divin sacrifice, c'est-à-dire le corps de Notre-Seigneur, appartenait d'ailleurs à Marie, qui l'avait produit de son propre fond ; et, comme telle, elle devait l'offrir, non sous les voiles du sacrement, mais dans sa forme humaine, en consentant le lendemain à son immolation sur le Calvaire, comme déjà elle avait fait publiquement dans le temple, au jour de son oblation. Si la sainte Vierge n'offre point extérieurement ce mystère sous les espèces sacramentelles, comme l'offrent les apôtres et les prêtres dans l'Église, elle le fait d'une autre manière, conforme à son état, à sa qualité et à sa condition de Mère de Dieu. Elle l'offre intérieurement par cet esprit universel et cette plénitude de grâces dont Jésus-Christ, toujours présent en elle, l'avait remplie. De cette sorte, elle se trouva réellement présente à l'institution de la Cène, quoiqu’ absente de corps. Dans une circonstance si solennelle où Jésus voulait donner à son Église la dernière marque de sa dilection, Marie, en qui il voyait et aimait toute l'Église, était tellement présente à son esprit et à son cœur, que ce fut pour l'amour d'elle et à sa considération personnelle qu'il institua l'Eucharistie. »
Prions Marie, afin qu’elle dénoue les nœuds d’incroyance de toutes les personnes qui, ne croyant pas en la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie, offensent le Cœur Sacré de son divin Fils et le Cœur Immaculé de Marie.
I. Rolland