Clelia Barbieri revient de l’autre monde pour chanter un chant céleste
Née en 1847 près de Bologne, dans les États pontificaux, Clelia Barbieri est saisie par le Christ à l’âge de onze ans, lors de sa première communion. Sans formation ni noviciat, elle fonde en 1868 la congrégation des Petites Sœurs de Notre-Dame des Douleurs (Minime dell’Addolorata), qu’elle dote d’un équilibre remarquable entre vie d’adoration, enseignement du catéchisme et service des plus pauvres. Elle meurt de la tuberculose le 13 juillet 1870, à seulement vingt-trois ans. Après sa mort, elle réalise ce qu’elle avait promis et se manifeste de nombreuses fois sous la forme d’un chant mélodieux et céleste. Ce phénomène singulier, soigneusement documenté lors de son procès de canonisation, est exceptionnel dans l’histoire de l’Église.
Les raisons d'y croire
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De son vivant, Clelia est sujette à des extases mystiques, au cours desquelles elle semble dialoguer avec le Christ. Ces états sont accompagnés d’une grande paix et d’une influence spirituelle sur son entourage. En général, de tels phénomènes suscitent la méfiance des autorités ecclésiastiques et, loin d’accélérer le processus de canonisation, cela le retarde le plus souvent, par peur qu’on ne confonde le merveilleux et le théologal. Il faut pouvoir aussi s’assurer absolument de la véracité des faits rapportés. Dans le cas de Clelia, cela n’empêcha pas sa canonisation, le 9 avril 1989, par Jean-Paul II.
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Plusieurs récits rapportent que, dans des situations de grande pauvreté, la prière confiante de Clelia et de ses compagnes a été suivie de l’arrivée inattendue de nourriture. Par exemple, un matin, alors qu’il n’y a plus rien à manger, elle allume la lampe avec la dernière goutte d’huile et prie. On frappe à la porte : une personne arrive avec un panier rempli de farine, de pain, de vin et d’autres aliments.
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Avant sa mort et durant sa maladie, elle fait une promesse forte : « Je m’en vais, mais je ne vous abandonnerai jamais. » Elle affirme plusieurs fois qu’après sa mort, elle sera encore présente, et qu’elle continuera à faire le bien.
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Après sa mort à l’âge de vingt-trois ans, Clelia Barbieri se manifeste en effet de façon extraordinaire, principalement par un phénomène mystique particulier : le chant céleste d’outre-tombe. Pour la première fois, un an après sa disparition, le 13 juillet 1871, alors que la communauté prie dans la pièce où elle est décédée, une voix harmonieuse, céleste et féminine se joint à leurs chants. Cette voix est décrite comme « extraordinaire », « pleine de jubilation », et « indescriptible ». La voix semble se déplacer dans la pièce, touchant tour à tour les oreilles des personnes présentes. Les sœurs ont interprété ce signe comme la présence spirituelle de Clelia : « Nous chantions quand, soudain, une voix haute, harmonieuse et céleste s’est mise à accompagner nos chants. C’était une voix extraordinaire qui n’était pas de nous, qui virevoltait à gauche, à droite, qui se levait, qui se couchait, qui touchait nos oreilles… Nous avons vécu en ce jour-là des heures de paradis. »
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Ce phénomène se reproduit à plusieurs reprises, dans différents contextes et lieux. Cette voix d’outre-tombe est donc entendue par de nombreux témoins, par exemple lors des deux guerres mondiales, dans des hôpitaux militaires. Plus de cent cinquante témoignages sont recueillis sur ce chant, qui encourage, console ou prie avec les personnes présentes.
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De nombreux témoignages font état de grâces reçues par l’intercession de Clelia, notamment des guérisons intérieures et des réconforts dans l’épreuve. Ce rayonnement de grâces spirituelles a commencé dès le jour de son enterrement. Sa présence sensible sur terre a provoqué à plusieurs reprises des décisions concrètes de changements de vie chez plusieurs personnes, notamment des jeunes filles qui décidèrent d’embrasser la vie religieuse après avoir été touchées par sa présence.
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Clelia avait prophétisé que sa communauté grandirait et s’étendrait dans le monde entier, ce qui s’est effectivement produit après sa mort, renforçant la conviction de sa présence spirituelle continue.
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Ces miracles, en particulier celui de la voix céleste, ont été déterminants dans la reconnaissance de la sainteté de Clelia Barbieri, et pour sa canonisation en 1989. Ils témoignent de la continuité de sa présence spirituelle et de son intercession auprès de sa communauté et des fidèles.
En savoir plus
Née en 1847 en Italie, dans une famille chrétienne, Clelia Barbieri vit un premier choc avec la mort de son père du choléra, alors qu’elle n’a que huit ans. Sa première communion, à onze ans, est un moment clé, qui renforce sa vocation et sa vie intérieure. Elle développe ensuite une vie de prière intense. Clelia, à treize ans, commence à enseigner le catéchisme avec une telle ferveur que même les plus âgées viennent l’écouter. Elle vit la pauvreté avec joie, partageant le peu qu’elle a, et encourage ses compagnes à prier et à faire confiance à Dieu, même dans la misère.
À seize ans, elle commence à élaborer une règle de vie pour une communauté de jeunes filles, celles qui deviendront les « Minimes de l’Addolorata ». Cette période (1863) est marquée par un désir d’unifier l’Italie et une hostilité politique contre les États pontificaux. En Italie, des lois qui suppriment les congrégations religieuses sont adoptées en représailles. Malgré ce climat anticlérical, Clelia poursuit discrètement son œuvre.
Clelia est décrite comme une jeune fille d’une grande beauté intérieure, humble, dévouée aux pauvres et à l’éducation des jeunes : elle frappe par son humilité, son humour, sa capacité à servir les autres, à consoler, à enseigner et à réconforter les plus pauvres. La spiritualité de l’ordre religieux fondé s’appuie sur l’humilité et le service, l’abandon à la Providence, l’équilibre entre contemplation et action, et l’union à Dieu dans la simplicité. En effet, Clelia privilégie une relation directe et simple avec Dieu, spontanée, née de l’expérience et de la prière du cœur.
Des histoires illustrent sa foi simple mais puissante, comme la prière pour obtenir de la nourriture ou l’aide de saints comme François de Paule. Elle a aussi adopté une jeune fille, Maria Ferrari, qui deviendra mère d’un évêque, montrant son amour pour l’éducation et la famille. Elle a initié des actions inédites, comme laver les pieds de jeunes filles, ce qui symbolise l’amour du prochain. Sa vie témoigne d’un dévouement total, notamment lors d’événements de crise, à l’occasion desquels elle rassure et soutient la communauté.
Clelia est reconnue pour ses extases, ses visions et sa foi profonde, considérées comme des dons de l’Esprit Saint. Des témoins rapportent des phénomènes extraordinaires, comme des voix célestes et des apparitions, qui renforcent sa réputation de sainte.
Elle vit une agonie douloureuse due à la tuberculose, préparant son passage vers l’au-delà. Avant de mourir, elle exprime sa confiance en Dieu et laisse des messages d’amour et d’espérance à ses proches : « Je m’en vais, mais je ne vous abandonnerai jamais. Vous verrez, quand dans le champ près de l’église s’élèvera la nouvelle maison, je n’y serai plus... Vous serez de plus en plus nombreuses sur toute la terre pour travailler à la vigne du Seigneur. Je m’en vais au paradis, et toutes les sœurs de notre famille qui mourront auront la vie éternelle. »
Après sa mort, sa popularité grandit, avec des témoignages de phénomènes spirituels et de voix entendues. En 2000, le pape Jean-Paul II la canonise, la déclarant sainte, confirmant ses dons et sa vie exemplaire.
Sous un angle historique, la spiritualité de sainte Clelia Barbieri se distingue par sa modernité, son enracinement dans la vie quotidienne, son équilibre entre contemplation et action, et sa capacité à répondre aux défis de son époque.
Agrégé en sciences religieuses en Belgique, Arnaud Dumouch fonde en 2015 – avec le vicaire épiscopal de l’enseignement du diocèse de Namur – l’institut Docteur Angélique , qui donne sur Internet la totalité d’une formation diplômante en philosophie et en théologie catholique, dans la ligne de l’herméneutique de la continuité de Benoît XVI.
Au delà
Sainte Clelia meurt en Italie trois ans avant la naissance en France de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (1873 – 1897), docteur de l’Église, qui aura, sans la connaître, la même intuition qu’elle : celle de la communion des saints. « Je passerai mon Ciel à faire du bien sur la terre » : c’est une chose importante que cette aide concrète (et la plupart du temps invisible) des saints du Ciel, qui intercèdent pour nous auprès du Père.
Aller plus loin
La vidéo d’Arnaud Dumouch : « La vie de sainte Clelia Barbieri, la plus jeune fondatrice d’ordre de l’Église (1847 – 1870) ».
En complément
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Paola Giovetti, Santa Clelia Barbieri. Una biografia, Cinisello Balsamo (Milan), San Paolo Edizioni, coll. « Santi e sante di Dio », 1998 : ouvrage rédigé à partir des sources du procès de béatification et de canonisation, qui retrace sa courte existence en la replaçant dans le contexte religieux et social de l’Italie du XIXe siècle.
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Ernesto Vecchi, Santa Clelia. L’icona riuscita. Meditazione sul magistero cleliano del card. arcivescovo Giacomo Biffi, Bologna, Edizioni Dehoniane Bologna, 2004.