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Histoires providentielles
Nebraska (États-Unis)
Nº 871
1999

Colton Burpo : le témoignage d’un enfant revenu du Ciel

Colton Burpo est le fils d’un pasteur d’une petite ville du Nebraska, aux États-Unis. Lors d’une opération chirurgicale pratiquée en urgence, il manque de perdre la vie. Cependant, il survit et, quelques mois plus tard, raconte fortuitement à ses parents, du haut de ses quatre ans, à quoi ressemble le Ciel. De ses mots d’enfant se dégage une vérité sans fard. Des indices impossibles à connaître dans l’état où il se trouvait laissent penser que Colton a visité « le Ciel » en faisant l’expérience d’une décorporation semblable à une expérience de mort imminente (EMI), comme certains en vivent lors d’un arrêt cardiaque ou cérébral. Depuis, ses parents témoignent de ce que Colton a vécu afin d’aider à prendre conscience que la vie existe après la mort et que le Christ nous y attend.


Les raisons d'y croire

  • Au moment où Colton fait une péritonite avec infections multiples de l’abdomen, il doit subir deux chirurgies. Les médecins parlent d’un transfert vers un grand hôpital pédiatrique à Denver, estimant n’avoir « plus rien à proposer ». L’enfant est sous anesthésie, en état critique, et son pronostic vital est engagé. Inconscient, il ne peut percevoir ce qui se passe autour de lui.

  • L’état de santé de Colton s’améliore de façon spectaculaire et inattendue : « Les docteurs étaient abasourdis par l’amélioration soudaine de Colton et sceptiques sur le fait qu’elle durerait. Toutefois, après un jour et demi de surveillance et des scanners montrant l’absence d’obstruction, ils ont conclu qu’il était réellement remis. »

  • Après l’opération, Colton a tout juste quatre ans. Il ne raconte pas immédiatement ce qu’il a vécu. C’est en repassant devant l’hôpital que ses parents lui demandent s’il se souvient. Il répond simplement : « Oui, je me souviens. C’est là que les anges ont chanté pour moi. » Et il précise : « Jésus était là ; j’étais assis sur ses genoux. » Le caractère spontané et paisible de ses paroles frappe par sa simplicité.

  • Colton raconte alors qu’il est « sorti de son corps » et qu’il a vu son père dans une salle d’attente, en colère contre Dieu tout en le priant de ne pas lui prendre son fils, ainsi que sa mère dans une autre pièce, téléphonant à des proches et priant elle aussi. Ces descriptions correspondent exactement à la réalité des faits, dans des lieux où l’enfant ne pouvait matériellement ni voir ni entendre ce qui se passait.

  • Parmi les révélations qu’il fait à ses parents figure sa rencontre avec une sœur mort-née. Il affirme qu’il a « deux sœurs ». Devant l’étonnement de sa mère, il insiste : « Tu as eu un bébé qui est mort dans ton ventre, hein ? » Il précise qu’il s’agissait d’une fille, qu’elle est morte avant de naître et qu’elle lui a dit elle-même qu’elle était morte « dans ton ventre ». Il ajoute qu’elle n’avait pas de prénom. Ses parents ne lui avaient jamais parlé de cette fausse couche, et sa mère ignorait même qu’il s’agissait d’une fille.

  • Colton parle également de son arrière-grand-père, « Pop », décédé bien avant sa naissance. Il le décrit jeune et sans lunettes, affirmant qu’« au Ciel, personne ne porte de lunettes ». On lui montre d’abord une photo de Pop âgé : il ne le reconnaît pas. Mais en découvrant un cliché de sa jeunesse, il l’identifie immédiatement.

  • Colton ne cherche ni à convaincre ni à se mettre en avant. Il ne comprend pas d’emblée le caractère extraordinaire de ce qu’il a vécu. Ce sont ses parents qui, progressivement, se rendent compte qu’il a fait une expérience de mort imminente.

  • Colton est aujourd’hui époux et père de famille. Après toutes ces années, il continue de puiser dans cette expérience et en retire encore de nombreux fruits. La peur de la mort n’a plus aucune prise sur lui depuis ce moment.

  • Malgré le succès du livre écrit par son père, puis du film adapté de son histoire – Et si le Ciel existait –, qui braque les feux sur Colton, il reste naturel et simple. « Juste parce que je suis allé au paradis et que je suis revenu ne veut pas dire que je suis une personne angélique qui est exempte de tentation et de péché. Loin de là. … Et Dieu a, heureusement, été fidèle et patient avec moi. »


En savoir plus

Colton Burpo est né le 19 mai 1999 dans une famille chrétienne d’un petit bourg de l’État du Nebraska, aux États-Unis. Il a environ trois ans et demi lorsqu’il tombe malade. On pense d’abord à une simple gastro-entérite, en raison des vomissements, ce qui retarde malheureusement le bon diagnostic et une prise en charge adaptée. Une semaine s’écoule avant que ses parents ne comprennent qu’il faut l’emmener d’urgence à l’hôpital.

Le diagnostic tombe : péritonite avec infections multiples de l’abdomen. Deux chirurgies sont nécessaires. Malgré les interventions, la situation demeure critique. Les médecins avouent qu’ils n’ont « plus rien à proposer » et envisagent un transfert vers un grand hôpital pédiatrique, à Denver. La famille Burpo mesure alors la gravité des événements. Elle se met à prier avec ferveur et demande à ses proches de s’unir à cette prière, sans se douter de ce que leur fils est en train de vivre.

Sans être en arrêt cardiaque ou cérébral, mais en état de choc et sous anesthésie, Colton fait l’expérience d’une décorporation. Il dira plus tard qu’il s’est vu au plafond du bloc opératoire.

Selon le récit détaillé des jours qui suivent l’opération, alors que les médecins redoutent une occlusion persistante et que la perspective d’un transfert reste envisagée, l’état de Colton s’améliore soudainement. En quelques heures, le transit reprend, les signes d’obstruction disparaissent à l’imagerie et, le lendemain, l’enfant retrouve un état presque normal. Les médecins, d’abord sceptiques, finissent par conclure qu’il est réellement remis.

Cependant, étant donné son jeune âge, Colton ne perçoit pas immédiatement le caractère extraordinaire de ce qu’il a vécu et il n’en parle pas. Ce n’est que plusieurs mois plus tard, alors que ses parents repassent devant l’hôpital et lui demandent s’il se souvient de ce moment difficile, qu’il répond avec naturel qu’il se rappelle très bien ce qui s’est passé. Il évoque Jésus, les anges, et une réalité lumineuse où il dit s’être trouvé.

Les parents commencent alors à lui poser des questions plus précises. Peu à peu, le récit se déploie. Colton affirme être « sorti de son corps » et avoir vu des scènes qui se déroulaient hors du bloc opératoire. Il parle aussi de rencontres inattendues, notamment avec une sœur morte avant sa naissance et avec son arrière-grand-père. Ces confidences bouleversent profondément ses parents, qui savent que certains éléments sont inconnus de leur fils.

L’enfant décrit également le Ciel comme un lieu de paix et de joie, où Jésus accueille, console et rassure. Ses paroles sont celles d’un petit garçon de quatre ans : directes, simples, sans construction théologique élaborée. Il raconte ce qu’il a vu comme une réalité évidente, sans chercher à convaincre ni à impressionner.

Avec le temps, ses parents décident de témoigner de cette expérience. Le père de Colton publie un livre relatant les faits ; un film en sera ensuite tiré. L’histoire suscite un large écho, bien au-delà du cercle familial.

Pour la famille Burpo, toutefois, l’essentiel ne réside pas dans la médiatisation, mais dans la transformation intérieure qui a suivi. Cette épreuve et ce qu’ils comprennent comme une grâce ont renouvelé leur foi et fortifié leur espérance.

Élisabeth de Sansal, diplômée de bioéthique à l’université pontificale Regina Apostolorum, à Rome.


Au delà

Deux objections ont parfois été formulées à l’encontre de l’expérience de Colton. La première remet en question la survenue même de l’expérience : pour certains scientifiques, les EMI ne pourraient se produire que lorsque la mort est réellement imminente. Les EMI seraient l’ensemble des expériences subjectives (décorporation, lumière, rencontre d’êtres, etc.) survenant dans un contexte de danger vital aigu (arrêt cardiaque, choc, anesthésie profonde). Toutefois, un « corpus croissant » d’EMI survient aussi « en l’absence de conditions vitales engagées » et « sans trouble documenté de la fonction cérébrale » (Frontiers in Psychology, 2012). On peut donc situer l’expérience de Colton dans la catégorie des « NDE-like », c’est-à-dire semblables à une EMI – ce qui ne remet pas pour autant en cause la véracité de son expérience.

La seconde objection porte sur l’attitude de Todd Burpo, le père de Colton, qui, selon certains, a trop insisté pour obtenir des détails sur le paradis, sur le Christ et sur les personnes rencontrées, ce qui décrédibiliserait le récit. Il convient cependant de faire la part des choses : des éléments ont pu être influencés par des questions ou des réactions répétées, mais d’autres étaient objectivement impossibles à connaître pour un enfant de cet âge. À la lumière de la vie que Colton et sa famille mènent depuis cette expérience, il est beau de constater combien cette histoire demeure pour eux source de consolation et d’espérance.


Aller plus loin

Todd Burpo, avec Lynn Vincent, Le Ciel, ça existe pour de vrai. L’histoire étonnante de l’aller‑retour au Ciel d’un petit garçon, Éditions du Trésor caché (Québec), 2012 (en anglais : Heaven is for Real).


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