13 novembre, année C
Saint Brice a franchement mauvais caractère ; saint Martin lui prophétise des ennuis...
“Si le Christ a supporté Judas, je peux bien, moi, supporter Brice !” aime à dire saint Martin de Tours.
Enfant, Brice est rejeté par sa famille. Recueilli par saint Martin, il est élevé à l’abbaye de Marmoutier (France, Indre-et-Loire) où il devient religieux.
Mais il commet quelques écarts de conduite qui ne font pas changer d’avis Martin : Brice sera son successeur sur le siège épiscopal de Tours.
Un jour, tandis qu’il est encore diacre, un homme souffrant vient le trouver au monastère.
" Voilà que j’attends le saint homme [saint Martin], et je ne sais où il est, ni ce qu’il fait.”, dit-il à Brice.
Celui-ci lui répond ainsi : “Si tu cherches ce fou, regarde là-bas, le voilà qui considère le ciel selon sa coutume, comme un homme hors de sens.”
Plus tard, Martin croise son protégé et lui dit : “Brice, je te parais donc fou ?”
Brice, stupéfait du fait que son maître l’ait entendu à la distance à laquelle il se tenait de lui, nie avoir parlé de la sorte.
-Mes oreilles n’étaient-elles pas près de ta bouche quand tu prononçais ces paroles ? Je te dis amen, car j’ai obtenu de Dieu qu’après moi tu sois honoré du pontificat ; mais tu connaîtras bien des peines dans ton ministère.”
Brice rétorque : “N’avais-je pas dit vrai ? Cet homme parle comme un insensé !”
La prophétie de saint Martin frappe par son exactitude : Brice succède à saint Martin en 397 comme évêque de Tours, et, dès lors, les difficultés s’accumulent pour lui, comme en 430, lorsqu’il échappe de peu à la lapidation et fuit Tours, après qu’on l’ait accusé de séduire une servante.
Brice est fêté par l'Église comme un grand saint, patron des juges.
Source : d’après Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Les Belles Lettres, 2005.