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Histoires providentielles
Cotignac (Var, France)
Nº 987
Du 21 au 23 juillet

Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac sauvée deux fois par les flammes

Du 21 au 23 juillet 2026, un violent incendie, suivi d’une importante reprise de feu, ravage plus de 2 500 hectares dans le Var. Attisées par le mistral, les flammes déferlent sur le massif du Bessillon et menacent directement deux hauts lieux de pèlerinage : le monastère Saint-Joseph et le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces, à Cotignac. Religieux, pèlerins et familles assistent, impuissants, à la progression du feu, qui dévore tout sur son passage. Pourtant, malgré deux assauts successifs en moins de quarante-huit heures, les édifices sont intacts. Pour beaucoup, cette préservation est un signe de la Providence.


Les raisons d'y croire

  • Le cours des événements est parfaitement connu. Du 21 au 23 juillet 2026, deux incendies se déclarent dans la région du Var et ravagent plus de 2 500 hectares. Près de 900 sapeurs-pompiers, 60 gendarmes, 350 engins terrestres, un Canadair et deux avions Dash sont mobilisés pour sauver et protéger les villages et le sanctuaire de Cotignac.

  • Le 21 juillet à 20 h 30, en seulement quelques heures, le monastère Saint-Joseph est encerclé par le feu, tandis que le sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces est évacué en urgence. Une dizaine de frères, des religieuses, 35 guides d’Europe et scouts unitaires de France ainsi que plusieurs familles quittent les lieux. Le feu ravage la végétation autour du sanctuaire, mais sans atteindre les bâtiments. Le lendemain de l’incendie, la forêt est calcinée, les réseaux extérieurs sont endommagés, mais l’église, le prieuré, les ermitages, le Foyer de la Sainte-Famille et même les tentes des camps de jeunes sont intacts.

  • Le lendemain, une reprise de feu menace de nouveau le sanctuaire. « La reprise a été compliquée car le feu était beaucoup plus proche du sanctuaire. Il a failli brûler, tout simplement. Les flammes ont remonté jusqu’en haut de l’escalier historique emprunté par Louis XIV lors de son pèlerinage de 1660. Mais elles se sont arrêtées à l’entrée du parvis », explique le frère Vincent Laguarigue de Survilliers, recteur de Notre-Dame-de-Grâces. Le feu n’atteint pourtant pas l’édifice.

  • La prière accompagne chaque étape de l’épreuve. Pendant les évacuations, religieux, familles et pèlerins récitent le chapelet. Au lendemain du premier incendie, un temps de prière est organisé avec l’évêque pour rendre grâce de la préservation des lieux et confier à Dieu les personnes sinistrées.

  • Plusieurs témoins rapportent que le vent a changé de direction au moment le plus critique, permettant aux pompiers de maîtriser l’incendie. Les religieuses du monastère Saint-Joseph y voient un signe de la Providence.

  • Cela ne s’oppose en rien à la reconnaissance du travail remarquable accompli par les pompiers. Pendant plusieurs nuits, ceux-ci ont lutté sans relâche contre les flammes. L’action de Dieu et l’action des hommes ici se rejoignent : la Providence peut aussi se manifester à travers le courage et la compétence de ceux qui combattent l’incendie, comme à travers les circonstances qui rendent leur action possible et efficace. C’est dans ce sens que le recteur souligne : « Les pompiers ont réalisé un travail remarquable […]. Je suis aussi convaincu qu’il y a la main de Dieu. Il y a fondamentalement une protection de Dieu et je rends grâce pour cela. » Ainsi, rendre grâce pour une protection providentielle n’enlève rien au mérite des pompiers ; au contraire, cela conduit à reconnaître, dans une même gratitude, l’engagement des hommes et l’action de Dieu à travers eux et les événements.

  • La grâce reçue se prolonge par un acte de charité. Au moment de l’évacuation, l’hôtel Lou Calen et des paroissiens ont accueilli, nourri et hébergé plus d’une centaine de personnes. Le sanctuaire a ensuite ouvert une cagnotte destinée aux familles sinistrées, en s’engageant à leur reverser les dons recueillis.

  • La Providence peut se servir d’un événement parfaitement naturel et lui conférer, par les circonstances dans lesquelles il survient, une remarquable puissance de signification. Les incendies qui ont frappé la France en juillet 2026 en offrent également une image saisissante avec le calvaire de Saumos, en Gironde , demeuré debout au milieu d’un paysage ravagé et noirci par les flammes. Atteinte par le feu sans être abattue, la croix apparaît comme une parabole visible de la foi chrétienne : le Christ n’est pas seulement celui qui préserve de l’épreuve, mais celui qui la traverse avec les hommes, demeure présent et subsiste lorsqu’elle est passée. Par ce calvaire, la permanence du Crucifié offre un signe qui rejoint le mystère pascal.


En savoir plus

Le 10 août 1519, la Vierge Marie apparaît à Cotignac à un humble bûcheron, Jean de La Baume, et lui demande de faire bâtir une église « sous le vocable de Notre-Dame-de-Grâces », promettant d’y répandre d’abondantes grâces pour ceux qui viendront en pèlerinage.

Un siècle plus tard, le 7 juin 1660, c’est saint Joseph qui apparaît , à quelques kilomètres de là, sur le mont Bessillon, au jeune berger Gaspard Ricard. Cette apparition, la seule officiellement reconnue de saint Joseph dans l’histoire de l’Église, donnera naissance au monastère, aujourd’hui voisin du sanctuaire marial.

Depuis plus de cinq siècles, Cotignac est l’un des plus grands sanctuaires mariaux de France. Des générations de pèlerins y viennent pour confier leurs intentions à la Sainte Famille, en particulier les couples désirant un enfant. Louis XIII et Anne d’Autriche y firent eux-mêmes prier pour obtenir un héritier ; un an plus tard naissait le futur Louis XIV.

Octavie Pareeag, journaliste.


Au delà

Le sanctuaire a lancé un appel aux dons afin de remettre en état ses réseaux et ses aménagements extérieurs, de réparer les installations du Foyer de la Sainte-Famille et de reprendre l’accueil des pèlerins. Une seconde collecte est destinée aux familles touchées par l’incendie. À ce jour, les lieux restent provisoirement fermés aux visiteurs dans l’attente de l’autorisation des autorités. Les messes habituelles sont célébrées dans l’église paroissiale de Cotignac. Les informations relatives à la réouverture sont actualisées sur le site officiel du sanctuaire.


Aller plus loin

Communiqué officiel du sanctuaire Notre-Dame-de-Grâces sur les incendies de juillet 2026 .


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