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© Shutterstock/Floren Horcajo
Histoires providentielles
États-Unis
Nº 972
2008

La Preuve du Paradis, par le docteur Eben Alexander

En novembre 2008, à cinquante-deux ans, le docteur Eben Alexander est foudroyé par une méningite bactérienne à Escherichia colid’une rare virulence. Cette maladie, qui ne touche qu’une personne sur dix millions, attaque directement le néocortex, siège de la pensée, des émotions et de la conscience. Pendant sept jours, son encéphalogramme est quasiment plat. Ses médecins lui donnent à peine 10 % de chances de survie. Pourtant, contre toute attente, il se réveille sans séquelles neurologiques. Ce qui s’est passé durant ces sept jours, Alexander le raconte dans La Preuve du paradis (Proof of Heaven, 2012), best-seller mondial, traduit dans des dizaines de langues.


Les raisons d'y croire

  • Parmi les milliers de témoignages d’EMI recensés, celui du docteur Eben Alexander occupe une place à part en raison du profil de son auteur. Professeur de neurochirurgie formé à Harvard, auteur de plus de cent cinquante articles scientifiques, Alexander est un expert du cerveau. Avant son expérience, selon ses propres mots, il « n’accordait pas de valeur objective aux expériences de mort imminente ».

  • La contribution d’Alexander dépasse le témoignage personnel. En tant que neurochirurgien, il explique savoir avec certitude que, étant donné sa pathologie, son cortex cérébral était hors d’état de fonctionner pendant toute la durée de son coma : les explications neurologiques classiques apportées aux EMI (manque d’oxygène, activité résiduelle du cerveau, libération d’endorphines) sont inapplicables à son cas. « Il est de mon devoir, écrit-il, d’honorer la vérité : la conscience peut se produire en l’absence d’activité cérébrale. » La science, conclut-il, peut et doit prendre au sérieux la question de l’au-delà.

  • Il décrit un voyage en trois « royaumes » successifs qui aboutit à une présence qu’il décrit comme le cœur même de l’amour et de la création, au-delà de tout langage. Cette expérience peut nourrir de façon légitime notre espérance. Elle confirme que notre perception quotidienne du réel est infiniment réductrice et nous rappelle que la mort n’est pas la fin mais un véritable seuil, au-delà duquel, selon des milliers de témoins, brille une lumière d’amour. C’est exactement ce que le christianisme proclame, depuis le matin de Pâques.

  • Enfant adopté, Alexander n’avait jamais connu sa famille biologique. Quelques semaines après sa sortie du coma, on lui montre une photographie de sa sœur biologique décédée, qu’il n’avait jamais vue. Il reconnaît immédiatement la jeune femme qui l’avait accompagné et guidé pendant son EMI. Ce témoignage (vérifiable, daté, documenté) illustre exemplairement ce que la foi chrétienne nomme la communion des saints : les défunts ne sont pas absents, ils nous attendent et nous accompagnent.


En savoir plus

Parmi les milliers de témoignages d’expériences de mort imminente (EMI), celui du docteur Eben Alexander occupe une place singulière. Non parce qu’il serait plus spectaculaire que les autres, mais parce qu’il émane d’un neurochirurgien universitaire, formé dans les meilleures institutions américaines, et qu’il professait avant son accident une conception résolument matérialiste du cerveau et de la conscience. Alexander ne croyait ni à l’existence d’une âme immatérielle ni à la possibilité d’une survie de la conscience après la mort. Pour lui, les récits d’EMI relevaient d’hallucinations produites par un cerveau en détresse.

En novembre 2008, il est frappé par une méningite bactérienne fulminante à Escherichia coli, affection exceptionnellement rare chez l’adulte. Le 10, il sombre dans un coma profond durant sept jours. Selon les médecins qui le prennent en charge, ses chances de survie sont extrêmement faibles et les perspectives de récupération neurologique quasi inexistantes. Pourtant, contre toute attente, il se rétablit sans séquelles cognitives majeures.

À son réveil, Eben Alexander affirme avoir vécu, durant toute la durée de son coma, une expérience d’une intensité incomparable, qu’il interprète comme une véritable exploration d’une réalité spirituelle. Convaincu que cette expérience ne peut être réduite à une simple hallucination cérébrale, il entreprend d’en examiner les implications à la lumière de sa propre expertise de neurochirurgien. Il publie en 2012 Proof of Heaven, qui devient rapidement un best-seller international.

Eben Alexander décrit un parcours en trois « royaumes » successifs. Il évoque d’abord une région obscure, confuse et boueuse, comparable à une sorte de monde souterrain. Cette première étape est suivie d’un univers d’une beauté ineffable, peuplé de prairies lumineuses, de fleurs éclatantes, de cascades cristallines et traversé d’une musique qu’il juge impossible à décrire avec des mots humains. Il y est accompagné par une jeune femme d’une beauté rayonnante qui lui communique, sans paroles, un message d’amour inconditionnel et de sécurité absolue. Enfin, il rapporte avoir accédé à une réalité ultime où il fait l’expérience d’une Présence infinie, source de toute existence, qu’il identifie au fondement même de l’amour, de l’intelligence et de la création.

L’intérêt du cas Alexander ne réside pas uniquement dans le contenu de son expérience, mais dans le contexte neurologique dans lequel elle est survenue. La méningite d’Eben Alexander avait gravement compromis le fonctionnement de son néocortex, région cérébrale indispensable aux perceptions conscientes, à la mémoire autobiographique, au langage et à l’intégration des expériences complexes. Une expérience aussi cohérente, aussi structurée et aussi riche que celle décrite constitue un défi majeur pour l’explication classique selon laquelle les EMI sont exclusivement produites par le cerveau humain qui est encore fonctionnel.

Le cas d’Eben Alexander constitue aujourd’hui l’un des témoignages d’expérience de mort imminente les plus discutés dans la littérature contemporaine, car il présente plusieurs caractéristiques qui rendent insuffisantes les explications matérialistes les plus couramment invoquées. À ce titre, il constitue un indice sérieux en faveur de l’hypothèse selon laquelle la conscience humaine pourrait ne pas être entièrement réduite à l’activité cérébrale.

Olivier Bonnassies


Au delà

Les EMI ne remplacent pas la foi, et la vie chrétienne ne se mesure pas à l’intensité des expériences extraordinaires. On peut être un grand croyant ou un saint même sans jamais avoir quitté son corps ni vu de lumière mystique. Comme le rappelle saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. » Ce n’est pas une EMI qui sauve : c’est l’amour vécu, reçu, donné.

Ces expériences peuvent cependant nourrir, de façon légitime, notre espérance. Elles confirment que notre perception quotidienne du réel est infiniment réductrice. Après la physique, qui nous a appris que nous n’avons accès qu’à une fraction infime du cosmos, après la foi, qui nous enseigne que le paradis nous dépasse, les EMI viennent rappeler que la mort n’est peut-être pas la fin mais un véritable seuil, au-delà duquel, selon des milliers de témoins, brille une lumière d’amour. C’est exactement ce que le christianisme proclame, depuis le matin de Pâques.


Aller plus loin

En anglais : Eben Alexander, Proof of Heaven : A Neurosurgeon’s Journey into the Afterlife, New York,Simon & Schuster, 2012. En français : Eben Alexander, La Preuve du Paradis, Trédaniel, 2013.


En complément

  • Le témoignage vidéo du docteur Eben Alexander, sur la chaîne YouTube Theosophical Society.

  • Bruce Greyson, After : A Doctor Explores What Near-Death Experiences Reveal about Life and Beyond, New York, St. Martin’s Essentials, 2021.

  • L’article de 1 000 raisons de croire : « Les expériences de mort imminente (EMI) confirment la doctrine sur les fins dernières ».

  • Patrick Theillier, Expériences de mort imminente. Un signe du Ciel qui nous ouvre à la vie invisible, Paris, Artège, 2015.

  • Patrick Theillier, Expériences de vie imminente. Les EMI face à la foi et à la raison, préface d’André Léonard, Paris, Artège, 2019.

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